1-Animaux en péril
Il y a quelques années,
au zoo de Berlin, un oiseau tropical, qui était seul dans une cage, s’était élancé vers nous. Il avait cueilli un brin de paille par terre, puis me l’avait tendu à travers le grillage. J’avais pris la paille, et aussitôt l’oiseau avait porté au grillage des coups de bec furieux qui voulaient exactement dire : « Je n’en puis plus, au secours ! sortez-moi de là.» J’offris alors une autre brindille à l’oiseau, il la jeta, alla cueillir encore une paille qu’il me tendit à nouveau, et une seconde fois, sitôt son cadeau fait, cogna comme un fou le grillage. Est-ce possible qu’il m’ait offert un cadeau pour que je lui rende service ? Avait-il compris que je pouvais le comprendre et comprendre sa soif de liberté ? Ce qu’il n’avait pas compris, c’est que je ne pouvais rien pour lui.
Nous nous émerveillons tellement de tous ces animaux que nous oublions que le zoo est avant tout une prison.
Edgar MORIN, Journal de Californie (Le Seuil, éd.).
-Question 1 : Rédige une lettre qui mettra en avant des arguments pour démontrer qu’un oiseau n’est pas fait pour être enfermé dans une cage.
-Question 2 : Imagine un discours qui sera prononcé par l’oiseau lui-même, discours argumenté pour lui permettra de retrouver sa liberté perdue.
2-L’homme et la chasse
Certaines espèces animales ont pu s’adapter aux diverses transformations apportées par l’homme-agriculteur au milieu naturel ; c’est le cas de la perdrix grise par exemple. Pourtant, dans certaines régions de mono-culture ou de grandes cultures, le milieu, débarrassé de tout couvert permanent de végétation, n’est plus capable d’accueillir les animaux. Aussi, pour que ceux-ci puissent s’y maintenir ou y revenir, l’homme a-t-il dû recréer un milieu accueillant. Par exemple par la création de bandes-abris qui sont des bandes de culture, offrant des possibilités d’alimentation avec récupération d’eau de pluie, végétation d’arbustes à baies, parcelles de céréales.
Au moment des moissons, pour éviter de détruire les animaux au sol, on peut installer des « barres d’envol », lourdes chaînes pendant à côté du tracteur et faisant fuir lapins, lièvres et perdrix avant qu’ils soient broyés par les machines. Enfin, on tente de faire disparaître la pratique qui consiste à brûler les chaumes. Pour surveiller, aménager, éviter le braconnage et les excès, l’homme-chasseur a créé le garde-chasse national.
Tous ces aménagements profitent à tous les autres animaux, et concourent au maintien d’une chaîne alimentaire harmonieuse, comprenant les oiseaux insectivores, les rongeurs et leurs prédateurs.
Le rôle du chasseur dans tout cet équilibre est primordial. Puisse-t-il s’en montrer digne et gérer avec raison ces richesses naturelles.
D’après J.-Cl.Chantelat, Au plaisir des mots, lectures et langage 6e, Classique Hachette.
-Question : Rédige un texte pour montrer tout l’intérêt que présente le maintien ou la préservation de l’espace vital et du milieu naturel des animaux dans le travail agricole.
3-Une forme de délinquance
On ne compte plus les voitures en stationnement qu’on retrouve privées de quelques-uns de leurs accessoires ou leurs pneus crevés, leur capote lacérée ; les cabines téléphoniques où des fils pendent, ayant perdu leur combiné ; les entrées, les couloirs des immeubles où des estafilades zèbrent la peinture des murs…
Pour désigner ces déprédations, dont la liste serait longue, le mot vandalisme est cependant trop fort. Ces actes de destruction représentent une forme gratuite du vol, lequel se répand d’ailleurs en proportion égale dans nos villes.
Ces déprédations se multiplient surtout dans les quartiers périphériques de nos villes où, dans la promiscuité
des grands ensembles d’habitations, vivent de nombreux jeunes qui, sans emploi et sans grand espoir d’en
trouver un, se sentent exclus de la société. Certains d’eux, en détruisant, chaque nuit, ce qui se trouve à leur
portée, signent leur passage. C’est une façon d’exister. Il ne faut pas s’y tromper : cette forme de délinquance
est beaucoup plus inquiétante que le vol. Elle est le signe d’une démoralisation profonde. Détruire est
toujours un attentat contre soi-même.
D’après Pierre GASCAR.
-Question 1 : Rédige une lettre étayer par des arguments pour convaincre les responsables d’une ville de tout faire pour éviter aux jeunes de sombrer dans l’oisiveté et la délinquance.
-Question 2 : La courbe de la délinquance suit celle de la misère, avait observé un grand écrivain du XIXe siècle. Rédige un texte argumenté pour démontrer que la misère influe sur les comportements et incite les jeunes au mal.
4-La foi dans le progrès
Quand j’entends des paresseux et des ignorants parler du malheur de vivre dans le progrès, je songe à ce qui se passait, dans les années 1870-1890, sous le toit d’une baraque laboratoire de Menlo Park. A cette époque,
l’âge d’or de l’invention donnait des ailes à des ingénieurs à col dur et col pur. Quand Edison eut dessiné son
premier phonographe, il travailla trente-six heures avec son mécanicien. Ils eurent des larmes aux yeux et des
frissons partout lorsque, de la boîte, sortit une voix nasillarde qui disait : « Marie a un petit agneau.» Quand la première lampe à incandescence s’illumina, toute l’équipe demeura quarante-six heures sous ce toit, fascinée,
fixant la lumière jaune, jusqu’à ce que le filament soit complètement brûlé.
Tout notre monde moderne est né dans les veillées de ces Edison. C’est ce monde-là qui permet à nos
clochards de prendre un Boeing pour Katmandou et aux dégoûtés de la technique de se faire entendre à la
radio. Est-ce que les Edison avaient foi dans le progrès ? Certainement. Pensaient-ils que le progrès ferait le
bonheur des hommes ? Sans aucun doute. Mais au-delà de la foi et de la morale, c’étaient des possédés.
Ils étaient possédés par le génie du faire. Tout ce qui peut marcher doit être mis en marche. Tout ce qui est
réalisable doit être réalisé. Pourquoi ? Parce que. Ils étaient emportés par la passion de l’ingénieur. C’était
peut-être un aveuglement, mais qui nous a éclairés.
Louis PAUWELS, Lettre ouverte aux gens heureux et qui ont bien raison de l’être (Albin Michel).
-Question : Est-il exact que : « Tout ce qui peut marcher doit être mis en marche. Tout ce qui est réalisable doit être réalisé. » Rédige un texte avec des arguments pour appuyer ou réfuter cette affirmation.
5-Le réchauffement climatique
Le réchauffement climatique menace dix des plus belles régions naturelles du monde.
Le réchauffement climatique est en marche : la plupart des scientifiques sont aujourd’hui d’accord. Mais quelles
seront les conséquences de ce coup de chaud sur les écosystèmes de la planète ? C’est là-dessus que
le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et des organisations environnementales comme le WWF (Fonds mondial pour la nature) ont planché. Et leurs conclusions sont alarmantes:
avec la hausse des températures, glaciers et neiges éternelles de l’Himalaya vont fondre à vue d’œil. Quand
ces réservoirs d’eau gelée auront presque disparu, le débit des rivières diminuera nettement. Résultat, un
assèchement des plaines humides du Terai en contrebas, menaçant entre autres le rhinocéros indien.
La température des océans devrait elle aussi grimper. Et là, c’est la faune sous-marine qui risque de payer
le prix fort : les coraux vont mourir, privant les tortues d’une importantes sources de nourriture par exemple.
Sur la terre ferme, c’est pas mieux. La montée du niveau de la mer grignotera les littoraux des continents
comme des îles. Du coup, les animaux de ces côtes devront trouver refuge ailleurs. Les climatologues
prévoient aussi que les régions sèches le seront encore plus, mettant la faune et la flore de ces zones en
mauvaise posture.
Toutes ces catastrophes écologiques ne sont pas inéluctables : pour le Giec, comme pour le WWF, il est
encore temps d’agir. Dans l’urgence, en assurant la survie des espèces menacés et, à long terme, en limitant
les émissions de gaz à effet de serre.
Anne BERNARD, Science et Vie Junior n°213, juin 2007.
-Question : Quels arguments certains pays ont mis en avant pour ne pas signer le protocole de Kyoto ?
(Le protocole de Kyoto impose aux pays industrialisés une réduction drastique des émissions des gaz à effet de serre. Les Etats-Unis, premier pollueur du monde, ne l’ont toujours pas signé).
6-J’ai choisi la terre
(Bien que Parisien, Claude Michelet a repris à sa sortie de l’Ecole d’Agriculture, en 1960, une exploitation
agricole désaffectée en Corrèze.)
« Les jeunes quittent la terre, nul ne peut les forcer à y rester. S’il est un métier qui ne se plie pas aux dictats c’est bien celui-là. On peut, avec un peu de patience, faire de n’importe quel agriculteur un ouvrier qualifié ; il s’habituera aux gestes, aux impératifs de son nouvel emploi et, même s’il s’ennuie à sa tâche, son travail et
son rendement en seront peu influencés. Je ne crois pas qu’un ouvrier à la chaîne adore son métier, pourtant les voitures roulent.
Rien de comparable avec l’agriculture ; celle-ci ne peut être servie que de bon gré, une certaine passion lui
est nécessaire. La technique ne lui suffit pas, elle exige aussi de l’amour et de l’instinct.
Il fut un temps où, en contrepartie, elle assurait le pain quotidien et même un peu plus. Aujourd’hui, elle est chiche, et certains, qui étaient prêts à l’aimer, se mettent à la détester avec toute la violence des amoureux
trahis. Plongé dans une société et un système qui poussent à la consommation effrénée, l’agriculteur, dont les
moyens financiers sont restreints, se sent frustré. Il ne peut acquérir ce qu’on lui propose, ce qu’on lui impose à longueur de journée.
Pendant longtemps il se fit une raison ; même lorsqu’il était conscient de la disproportion flagrante qui existait entre son travail et son salaire, il se consolait tant bien que mal.
Mais depuis quelques années, on lui parle de loisirs, de vacances, de week-ends, de lecture et de spectacles,
de confort ménager, de tout ce bagage propre à l’évolution du niveau de vie. Comment ne se sentirait-il pas
brimé ?
J’ai, quant à moi, choisi. Je sais qu’on ne peut jouir de tout à la fois. Nous avons ma femme et moi, pesé
les avantages et les inconvénients de notre vie ici. Nous partageons une idée de la qualité de la vie et c’est ici
qu’elle se concrétise le mieux. »
D’après Claude MICHELET, J’ai choisi la terre.
-Question : Construis un texte argumentatif pour convaincre les jeunes à opter pour le travail de la terre et donc pour le métier de l’agriculture.
7-Vacances
En ce temps de vacances, le monde est plein de gens qui courent d’un spectacle à l’autre, évidemment avec
le désir de voir beaucoup de choses en peu de temps. Si c’est pour en parler, rien de mieux ; car il vaut mieux
avoir plusieurs noms de lieux à citer ; cela remplit le temps. Mais si c’est pour eux, et pour réellement voir,
je ne les comprends pas bien. Quand on voit les choses en courant elles se ressemblent beaucoup. Un torrent,
c’est toujours un torrent. Ainsi celui qui parcourt le monde à toute vitesse n’est guère plus riche de souvenirs à la fin qu’au commencement.
La vraie richesse des spectacles est dans le détail. Voir, c’est parcourir les détails, s’arrêter un peu à chacun, et, de nouveau, saisir l’ensemble d’un coup d’œil. Je ne sais si les autres peuvent faire cela vite, et courir à autre chose, et recommencer. Pour moi, je ne le saurais.
Pour mon goût, voyager, c’est faire à la fois un mètre ou deux, s’arrêter et regarder de nouveau un nouvel
aspect des mêmes choses. Souvent, aller s’asseoir un peu à droite ou à gauche, cela change tout, et bien mieux que si je fais cent kilomètres.
Si je vais de torrent à torrent, je trouve toujours le même torrent. Mais si je vais de rocher en rocher, le même
torrent devient autre à chaque pas. Et si je reviens à une chose déjà vue, en vérité elle me saisit plus que si elle
était nouvelle, et réellement elle est nouvelle. Il ne s’agit que de choisir un spectacle varié et riche, afin de ne
pas s’endormir dans la coutume. Encore faut-il qu’à mesure que l’on sait mieux voir, un spectacle quelconque
enferme des joies inépuisables. Et puis, de partout, on peut voir le ciel étoilé ; voilà un beau précipice.
Alain, Propos sur le bonheur (Gallimard).
-Question : Trouve les arguments nécessaires en faveur des vacances.
8-Folklore africain
La musique et la danse sont presque toujours associées. Les instruments de musique comportent non
seulement des instruments de percussion, mais d’innombrables instruments à cordes et à vent : flûtes,
harpes, koras, luths, cors, guitares, xylophones (balafons) … Mais le rythme l’emporte sur la mélodie, et le tam-tam, dont les variations en font à lui seul un véritable orchestre, fait partie de la vie du village africain.
Il en va de même de la danse qui est rarement un spectacle, mais plutôt une façon d’unir les membres
de la communauté. Il y a des danses religieuses, des danses de chasseurs, de cultivateurs, avant ou après
les cultures, des danses pour les femmes selon leur âge et leur condition, des danses pour les lutteurs
victorieux, pour les funérailles des vieillards, pour les circoncis, des danses réservées aux chefs et aux champions de guerre. Le cercle animé se ferme et tout le monde participe soit en chantant, soit en battant
des mains, soit en se lançant à son tour dans la ronde. Parfois un griot, électrisé par le rythme et par les
prouesses d’un danseur ou d’une danseuse, se jette à genoux à ses pieds, grimaçant et martelant à mort son instrument. Le rythme syncopé, gracieux ou majestueux, scandé par ces danseurs, est comme le pouls tumultueux et puissant de l’Afrique Noire dont les échos répercutés par le continent américain inondent
maintenant le monde sous les espèces du jazz ou des airs afro-cubains.
D’après Joseph KI-ZERBO (Le Monde Africain Noir).
-Question : Rédige une liste d’arguments pour justifier l’utilité de l’organisation des festivals (folklore, bijou, musique, couscous…) dans une ville ou une région.
9-Le journal et son public
On fait un journal pour le public, ou du moins pour un certain public.
Le public est instable à l’image du jour. Il n’est pas d’ailleurs sans excuses. La vie aujourd’hui est plus lourde
qu’autrefois, les affaires plus difficiles et plus absorbantes, les gens sont fatigués. Il est un mot de notre époque
qui exprime bien l’état dans lequel se trouvent à la fin d’une journée de travail la plupart d’entre nous : on a
besoin, dit-on, de « se changer les idées ». C’est un besoin impérieux, comme un instinct de conservation.
On se change les idées en allant au cinéma ; chez soi en tournant le bouton du poste de radio. On ne noie
la fatigue intérieure que l’on éprouve que dans le bruit, car l’homme moderne déteste le silence. Il use du
bruit comme d’un opium. Il a aussi perdu le goût de lire, ou du moins, en a perdu l’habitude. Il veut être renseigné sans effort.
La presse, ou plutôt une certaine presse, celle qui cherche le gros tirage, flatte cette paresse. Les titres, les
images, remplacent de plus en plus le texte. Les récits romancés, l’aventure, apportent ce changement d’idées que paraît réclamer le lecteur. Les crimes, les drames passionnels, servent sa curiosité malsaine. La concurrence provoque une surenchère qui n’est qu’une basse démagogie. Les journaux se sont engagés dans une voie dont
ils ne peuvent prévoir l’issue.
Robert DUBARD (Encyclopédie française).
-Question : Tu aimes ou tu n’aimes pas les journaux ? Choisis deux ou trois arguments puis rédige un texte pour justifier ton choix.
10-Ces routes qui tuent
De nombreuses raisons sont évoquées devant la multiplication des accidents de la route. Pour les comprendre, il suffit de voyager en voiture sur une longue distance et observer ce qui se passe. Mais avant tout, il y a lieu de s’interroger sur la représentation que se fait l’Algérien du véhicule, de la route, du déplacement et de l’Etat.
Le fétichisme de la voiture devenu suicidaire par cet envoûtement de la vitesse qu’elle procure, particulièrement chez les jeunes, se transforme en couloir de la mort, endeuillant les familles, laissant des traces de traumatismes irréversibles. La voiture est devenue un objet d’affirmation sociale, une sorte de rapport de force au rôle flou dont
se saisit l’inconscient pour meubler des vides qui sont à rechercher dans un mode de vie incohérent, aussi bien
avec la modernité qu’avec la tradition.
La route est devenue un espace d’expression de la force et il est aisé de constater comment de gros
camions, de grands autobus se lancent à l’assaut du temps sur une chaussée impropre à la circulation. Le
retard accusé dans la construction des autoroutes se fait payer très cher.
Ce ne sont plus les « campagnes de sensibilisation » à coup de prospectus et d’images de télévision porteuses
de l’horreur, qui suffiront à diminuer les risques. Ce ne sont pas les barrages de gendarmerie reconnaissables
par les conducteurs à distance et devant lesquels on ralentit par peur du retrait du permis de conduire, qui
suffiront à réduire les accidents.
La réduction des accidents consiste à faire de la voiture un moyen de facilitation de la vie, et non plus un cercueil ouvert en permanence. Elle consiste à offrir à d’autres rêves moins suicidaires, moins meurtriers que la voiture.
Ahmed Saïfi Benziane, Journal Quotidien d’Oran du 16 août 2007.
-Question : Rédige un texte dans lequel tu dérouleras les arguments que tu jugeras nécessaires pour convaincre les automobilistes des bienfaits d’une conduite intelligente et prudente.
11-Violence, ce fléau des stades
Un mal de société
Faudra-t-il un jour construire un hôpital de campagne aux abords de chaque stade, les supporters ne sont
pas toujours très sport. Après le tabac, le sida, l’alcoolisme, le hooliganisme est l’un des fléaux du siècle qui
défraye la chronique au fil des matches et des années.
Ce mal du siècle venu d’ailleurs, frappe aux portes de tous les terrains mêmes les mieux organisés et cadenassés. Le drame de Heysel très frais dans les mémoires a démontré que le seuil de l’intolérable a été atteint.
Qui pousse ces pseudo-fervants du sport à agir de la sorte ? Sont-ce nos footballeurs qui ne jouent plus le jeu
au point de susciter une réaction négative dans les tribunes et au sortir des stades ?
Est-ce les coups de sifflets arbitraires des hommes en noir qui sont à l’origine des actes de déprédations
et de violences commis chaque week-end sportif par une foule de supporters insupportables ? Est-ce la
défaite de l’équipe favorite face à un adversaire qui joue la dernière carte relégation ? Ou l’équipe si près
du but accession ou titre national Coupe Championnat ? Ou bien simplement un « petit pont » style
Bencheikh ou un « dribble » de trop à la place d’une passe qui aurait ramené le but de la victoire à
l’équipe ? Allez savoir ce qui se passe dans la tête de ces jeunes écervelés.
Y.Khalifa, Journal LE MATIN du mercredi 1er mars 1995.
-Question : Tu fais partie du comité des supporters d’un grand club de football, quels arguments tu développerais pour inciter les jeunes au fair-play et à la non violence dans les stades ?
12-Le goût des pois chiches
Peut-on savoir quel est le goût des pois chiches dans la bouche de quelqu’un qui les aime bien même si, soi- même, on ne les aime pas ?
Non, on ne peut pas savoir ce que ressent son voisin lorsqu’il mange des petits pois, et ce pour deux raisons. D’abord, parce que notre goût dépend de la sensibilité de nos cellules gustatives. Or, cette sensibilité varie d’un individu à l’autre en fonction des gènes qu’il porte. Mais il y a aussi une autre raison qui est liée à notre histoire « gustative », en clair, aux aliments que nous mangeons au cours de notre vie et aux souvenirs qui sont liés à ces aliments. Par exemple si, dans votre enfance, chaque fois que vous mangiez du steak, votre mère vous souriait, aujourd’hui, sans vous en rendre compte, vous associez le steak à ce souvenir et vous adorez. En revanche, si votre père vous grondait lorsque vous mangiez des brocolis, pas étonnant que vous les détestiez maintenant. Et comme ces souvenirs n’appartiennent qu’à vous seul, vous ne pouvez pas éprouver les mêmes plaisirs ou les mêmes dégoûts que votre voisin en mangeant.
Science & Vie JUNIOR, n°215 août 2007.
-Question : Pois chiches, petits pois, haricots blancs ou lentilles, lequel tu préfères pour son goût ? Pourquoi ?
13-Remède ou poison ?
Malgré son succès, le chocolat a mauvaise réputation : on le soupçonne d’abîmer les dents, de faire gros sir, de provoquer des crises de foie et même de donner des boutons ! Or le chocolat est un aliment qui apporte beaucoup à notre corps. Parce qu’il contient des sucres et des graisses, il est énergétique et procure force et résistance. Parce qu’il renferme des vitamines, il est tonique et donne de la vigueur aux muscles et au cerveau. Il contient en outre des sels minéraux indispensables à l’organisme. Pour toutes ces raisons, le chocolat est conseillé aux enfants comme aux sportifs et, si l’on en mange avec modération, il n’a que des qualités. Il serait même très bon pour le moral !
D’après Frédérique Salsmann, Chocolat show. Editions Epigones.
-Question : Les enfants et les adolescents aiment beaucoup les confiseries (bonbons, chocolat…), construis un texte pour les sensibiliser et leur démontrer que l’abus de ces friandises est préjudiciable à la santé.
14-Protection de l’environnement
En matière de protection de l’environnement, la cote d’alerte est dépassée depuis trop longtemps pour se demander s’il y a encore de la place pour de salutaires prises de conscience. Les mises en garde de toutes ces dernières années n’ont pas dissuadé les prédateurs de poursuivre leur travail de sape des grands équilibres écologiques. Il est difficile de croire que les retombées des catastrophes de Tchernobyl, de Bhopal, de Seveso, les explosions atomiques à ciel ouvert laisseront l’atmosphère indemne de mortelles atteintes. S’ajoutent à cela une déforestation accélérée, une périlleuse fonte des glaciers. Le tableau est d’autant plus chaotique qu’il y a une interaction évidente entre les différents composants de l’équilibre écologique. Le réchauffement climatique aura ainsi des incidences forcées sur l’activité des océans dont l’évolution des niveaux pourrait constituer une menace contre la planète. Le commun des mortels n’ignore désormais plus l’imminence de ces périls dont la gravité peut d’autant moins, donc, échapper aux grands décideurs dans le monde. Il ne s’agit pas de récuser les avancées de la technologie, mais les grands groupes industriels, qui n’ont que le souci de faire tourner leurs machines, n’ont pas trouvé de parade miraculeuse aux dégâts provoqués par leurs entreprises multinationales qui prennent une part considérable aux émissions des gaz à effet de serre. L’humanité se trouve ainsi sacrifiée aux enjeux d’une course effrénée au taux de croissance qui se justifie par un fonctionnement à plein régime des usines et donc un recours à haut débit à des énergies polluantes. Si un être humain est blessé sur une partie de son corps, il en gardera des séquelles physiques et psychologiques malgré des soins efficients. Il en va de même pour la nature si elle est privée des forêts, des neiges, si les mers dépassent leur niveau requis et si le cycle des saisons s’en trouve perturbé. Les dérèglements écologiques constituent aujourd’hui une bombe à retardement dont des êtres humains réputés intelligents s’acharnent à actionner le mécanisme de mise à feu.
EL WATAN du jeudi 3 avril 2008.
-Question : Donne trois ou quatre raisons qui font que les grands groupes industriels restent insouciants quant aux grands équilibres écologiques de la planète et accordent donc peu d’intérêt à la préservation de l’environnement.
15-Pour la peine de mort
Si j’étais un prince, je ne permettrais pas la peine capitale dans ma cité, mais je ne tolérerais pas non plus qu’un assassin puisse devenir une vedette au mépris de la douleur inconsolable des proches de sa victime, au mépris de sa mémoire. J’exigerais qu’on lui inflige des traitements quotidiens auxquels il préférerait de loin la mort. Je trouve dégoûtant qu’un criminel puisse avoir l’occasion de prétendre que par les années passées en prison il a payé sa dette envers la société. Il ne paiera jamais sa dette envers ceux qui portent en eux comme une plaie vive le fantôme de sa victime, les parents, les proches, celles et ceux en qui l’être tué a laissé un creux que le temps ne pourra jamais combler. La facilité avec laquelle on enterre les victimes et leurs proches pour faire tinter des cloches sur le sort des criminels, qu’on transforme d’ailleurs parfois en symboles positifs, en vedettes, cette facilité me donne envie de vomir.
C’est vrai que ceux qui éprouvent de la sympathie pour eux ne sont jamais ceux qui les ont personnellement subis. Les grandes idées ne sont belles que si elles ne nous coûtent rien.
D’après Sami Tchak, La fête des masques. Editions APIC.
-Question : Développe un autre point de vue sur la peine de mort avec des arguments qui soutiendraient le contraire de ce qu’avance l’auteur.
16-Réactions d’abonnés
Hervé Mathoux est un célèbre journaliste de sport et présentateur de l’émission l’Equipe du Dimanche sur Canal +. Dans une longue interview réalisé par le journal sportif algérien Le Buteur, voilà ce qu’il disait à propos des abonnés de cette chaîne cryptée et spécialement ceux qui suivent son émission : « Moi, j’essaye chaque jour de me mettre dans le peau de l’abonné de Canal+ et imaginer ce qu’il peut attendre de la chaîne. C’est un exercice très difficile en soi car les gens ont des envies complètement différentes. Nous recevons des réactions d’abonnés par e-mail. L’un vous dit que ce que vous avez fait est scandaleux, alors que l’autre trouve que c’est génial. La difficulté réside dans le fait que chacun croit que son approche est unique et partagée par tous. Même chose pour le positionnement par rapport à un club. Après un Lyon Bordeaux, par exemple, on reçoit des commentaires critiques d’abonnés qui jurent que nous avons été pro-Lyon et d’autres qui martèlent que nous avons scandaleusement soutenu Bordeaux. Dans des cas pareils, nous envoyons la lettre de l’un à l’autre pour démontrer à tout le monde que, finalement, nous avons été neutres. Tout cela pour dire qu’il est difficile de contenter tous nos abonnés. Malgré cela, j’essaye de deviner ce qu’ils désirent trouver sur Canal+ à l’occasion de chaque émission. Je sais, par exemple, qu’ils attendent des images et des informations plutôt que des commentaires, qu’ils recherchent un traitement rigoureux d’un fait de match, comme une position douteuse de hors-jeu, quitte à en faire un feuilleton de plusieurs minutes, afin qu’ils aient l’idée la plus claire possible sur l’action de jeu. »
Le Buteur n°636 du Mardi 26 août 2008.
-Question 1 : Imagine les arguments d’un fan d’un club de football qui considère que son équipe est la meilleure du championnat.
-Question 2 : Quels arguments peut-on développer pour affirmer qu’une émission (laquelle ?) est intéressante ?
17-La peine de mort ? La belle affaire !
De partout fusent des appels à appliquer la peine de mort à l’encontre de l’assassin de Chaïma. Mon Dieu ! Cette gamine ne mérite-t-elle que cela ? Que son assassin s’en tire à si bon compte ? Qu’il soit aussi rapidement délivré de la vie ? Il fut un temps où j’étais moi aussi pour la peine de mort à l’encontre des violeurs et des assassins d’enfants. Dans un réflexe atavique. Primaire. J’en suis revenu. Parce que me rendant compte finalement que cette voie était celle de la complicité active avec le violeur et l’assassin. Non ! Il faut que le monstre vive. Qu’à chacun de ses réveils, il implore et supplie encore la mort de venir vite le délivrer. Et que nous la lui refusions, cette mort expéditive et tellement facile. Il faut, au contraire, que sa santé devienne notre préoccupation première à tous. À l’administration pénitentiaire. À la justice. Aux médecins. À tout ce qui peut le garder longtemps, longtemps, longtemps, le plus longtemps possible vivant à son calvaire. Il faut qu’il sache qu’il existe certains quartiers carcéraux qui lui feront ressentir toutes les nuits la terrible déchirure du viol. Mais qu’au petit matin, après les départs de ses « visiteurs du soir », il se prépare déjà aux « petites morts » à venir, la nuit suivante. Il faut que le moindre bruit dans le couloir menant à sa cellule le fasse tressaillir d’effroi, mais juste assez pour qu’il ne s’évanouisse pas et voie en toute conscience sa porte s’ouvrir et les cohortes s’y engouffrer pour le « marquer » des stigmates de l’immonde. Cet « homme » doit vivre assez pour renier sa religion, toutes les religions et n’en souhaiter qu’une, celle de la Délivrance. Et la mosquée, ou l’église ou la chapelle ou la synagogue de la Délivrance doit lui rester close. Le tuer tout de suite serait assassiner une seconde fois Chaïma. Qui veut commettre cet autre crime ignoble de facilité expéditive ? Pas moi !
Publié par Hakim Laâlam le mardi 06.10.2020, https://www.lesoirdalgerie.com.
-Question : Lequel des textes 15 (Sami Tchak) ou 17 (Hakim Laâlam) tu préfères ? Donne des arguments pour expliquer ton choix.