Classes de Français au Collège

Le coup de pouce adéquat !

 

Modèles de portraits d'auteurs

 

 

Le paresseux
Il  n’est bon à rien. Les affaires l’ennuient, la lecture sérieuse le fatigue. Il faudrait lui faire passer sa vie sur un lit de repos. Travaille-t-il ? Les moments lui paraissent des heures. S’amuse-t-il ? Les heures ne lui paraissent plus que des moments… Demandez-lui ce qu’il a fait de sa matinée : il n’en sait rien, car il a vécu sans songer s’il vivait ; il a dormi le plus tard qu’il a pu, s’est habillé fort lentement, a parlé au premier venu, a fait plusieurs tours dans sa chambre… Encore une fois un tel homme n’est bon à rien.

D’après François de Salignac de La Mothe-Fénelon.

 

Driss Belkhodja
Driss Belkhodja, un grand garçon bête et fier, n’exhibait à chaque récréation pas seulement du pain, ce qui était déjà beaucoup,  mais encore des gâteaux et des confiseries. Il s’adossait à un mur, ses protecteurs autour de lui, et s’empiffrait posément. De temps en temps, quelqu’un se baissait pour ramasser des miettes qui tombaient. On n’avait jamais vu Driss faire le geste de donner : Omar ne comprenait pas pourquoi tous l’entouraient ainsi. Était-ce l’obscur respect que  leur inspirait  un être qui mangeait à sa faim ? Étaient-ils fascinés par la puissance sacrée, incarnée en cet enfant mou et sot ?
Driss avait  un camarade qui se chargeait  de son sac de cuir, à broderie d’argent et d’or, à la sortie de quatre heures. D’autres, quand approchait l’heure d’entrer en classe, allaient le chercher et lui tenaient compagnie en chemin. Ils ne se séparaient de lui que lorsque la cloche sonnait.
Il avait coutume d’acheter des torraïcos, de la galentita, il possédait même de l’argent ! Aux petits marchands qui s’installaient dans la  rue noire d’écoliers, un peu avant une heure, il prenait cinq ou six cornets de torraïcos, distribuait un grain à chacun de ses compagnons. Si ceux-ci se plaignaient, ou se moquaient, il criait plus fort qu’eux : « Et moi, que va-t-il me rester ? Vous voulez que je vous donne tout ? »  

D’après Mohamed DID, La Grande Maison.

 

Marchand d'andouilles
C’est un homme de haute taille, d’une quarantaine d’années. Son visage, coloré, a l’aspect d’une grosse pomme bien mûre. Les joues sont  rebondies, les yeux  petits  et malicieux semblent enfouis sous de gros sourcils broussailleux. Des dents  noires-sans doute fume-t-il beaucoup !-apparaissent chaque fois que ses lèvres charnues, toujours en mouvement, s’écartent l’une de l’autre. Il porte l’ample blouse bleue des paysans normands, ce qui  n’est pas fait pour lui donner une allure svelte ! Des larges manches, dépassent deux mains aux doigts courtauds, qui brandissent, l’une une andouille, l’autre un couteau, et, dominant le tout, la haute casquette noire cache des cheveux grisonnant. Il a, à ses pieds, un panier rempli d’andouilles.

C. MICHEL et L. HUBERT (Collection BORDAS).

 

Une petite fille :
« Elsie est une grande et  droite écolière  de douze ans. Elle a des yeux vert océan, dont les regards sont confiants et raisonnables. Une importante mèche de ses cheveux noirs glisse souvent sur son épaule droite, et voudrait cacher un de ses beaux yeux, mais elle la rejette en arrière d’un geste brusque. »

Valéry LARBAUD.

 

Un marchand de journaux
Aujourd’hui, c’est jeudi. Il est quatre heures. Je viens de finir mes devoirs et je sors pour aller me promener. « Demandez  France-Soir,  Paris-Presse, Le  Monde… » Je suis attiré par ces cris. Un homme fort, d’une quarantaine  d’années, marche rapidement dans la rue, tenant dans ses bras des journaux. Vêtu d’une canadienne beige aux boutons de bois, il porte une casquette Inclinée sur l’oreille, d’où échappent des cheveux grisonnants qui flottent sur son front ridé. Des sourcils épais durcissent sa figure allongée. Son grand  nez  crochu lui  donne un  air comique. Il marche toujours, hurlant dans la rue : « Demandez les derniers résultats sportifs, les quarts de finale de la coupe de France. »

M.MALLET (Collection BORDAS).

 

Les vieux
Ils sont si fatigués qu’ils peuvent à peine marcher : ils se traînent dans la maison. Leurs yeux sont usés, leurs doigts sont noués ; ils ne peuvent plus  travailler. Ils réchauffent au soleil leurs membres las. Mais ils ont dans leur cœur des trésors de bonté et d’indulgence pour leurs petits-enfants.

 

Un mauvais élève
Jean-Paul était paresseux, gourmand, impoli, agaçant, agressif, peureux, hypocrite. Je n’en finirai pas si je voulais donner la liste complète de tous les défauts qui le distinguaient. Cependant, au fond du cœur, il n’était pas absolument méchant et, après avoir fait le mal, surtout quand on le corrigeait pour mieux lui expliquer la chose.
Mais ce qui faisait de Jean-Paul un enfant tout à fait maussade, c’était sa conduite malicieuse envers ses camarades. Il semblait n’avoir d’autres plaisirs que le déplaisir des autres. Aux tours inventés avant lui, il en ajoutait à sa façon ; lesquels prouvaient un esprit bien méchamment inventif. C’est ainsi qu’au collège, il battait les plus petits pour lever sur eux des impôts de pommes, de poires, de cerises et même de morceaux de pain, si sa part de goûter ne lui suffisait pas. Il les contraignait à lui composer ses devoirs : aussi était-il fort ignorant pour son âge. 

D’après Paul Desnoyers.

 

La Rochefoucauld, tel qu’il se voyait :
« Je suis d’une taille médiocre, libre et bien proportionnée. J’ai le teint brun mais assez uni ; le front élevé et d’une raisonnable grandeur ; les yeux noirs et épais mais bien tournés. Je serais fort empêché de dire de quelle sorte j’ai le nez fait, car il est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois : tout ce que je sais  c’est qu’il est plutôt  grand que petit et  qu’il descend  un peu trop bas. J’ai la bouche grande et les lèvres assez rouges d’ordinaire et ni bien, ni mal taillées. J’ai les dents blanches et passablement  bien rangées. On m’a dit  autrefois  que j’avais  un peu trop  de menton ! Je viens  de me regarder dans le miroir pour savoir ce qu’il en est et je ne sais pas trop bien qu’en juger… »

 

Jacques-Yves Cousteau
Tout le monde connaît ce grand ami de la mer, ce vieil homme aux cheveux blancs coiffé d’un bonnet rouge, au corps mince et aux yeux bleus, curieux de tout. Jacques-Yves Cousteau a passé sa vie à montrer au monde les merveilles de l’océan. Il a fait une centaine de films, écrit quatre-vingts livres et dirigé un grand musée.
Homme courageux, il a vécu des aventures dangereuses. Scientifique généreux, il a défendu la qualité de l’environnement.

 

Jeune, mais déjà vieille
Dans son visage aux chairs sans vigueur, des rides profondes s’étaient installées, bien qu’elle n’eût pas beaucoup plus de quarante ans. Ses cheveux, qu’elle portait en chignon, découvraient une nuque large ; ses bras, son buste, tout son corps gonflaient ses vêtements … Elle tirait son aiguille par un geste soigneux de sa main ronde et paraissait absorbée par ce travail. Lorsqu’elle  rompait le silence pour adresser quelques paroles à sa  fille, elle donnait l’impression d’être le fruit d’une méditation. Presque toujours elle commençait par « il faut » ou par toute autre expression traduisant l’idée de nécessité. »

Julien GREEN.

 

Portrait d'Homo Herectus
D’Homo Erectus,  l’homme qui  a su  maîtriser le feu,  nous connaissons  surtout  le crâne. Sa tête, aux parois très épaisses, est aplatie, et sa boîte crânienne petite, par rapport à la face, large et basse. Un énorme bourrelet osseux précède le front, presque inexistant. Les mâchoires, projetées en avant et dépourvues de menton, portent de grosses dents. Sous ce faciès massif, le corps d’Homo Erectus ne différait guère du nôtre que par l’extraordinaire robustesse des os.

Jean-Jacques HUBLIN « Les premiers hommes ».

 

Deux frères différents
Autant mon père était travailleur, autant mon oncle était paresseux. Il ne lisait ni revue, ni journal. Il se dissimulait dans un coin  où il ne risquait pas d’être dérangé et fumait sa cigarette en chantonnant. Chaque été, pendant les grandes chaleurs avait lieu le battage de blé avec une machine qui passait de ferme en ferme. Mon père, tout en sueur, travaillait autour de la batteuse. Mon oncle, lui, avait mille ruses pour se dérober.

D’après C. Sainte-Soline, « Les années fraîches ».

 




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