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Les histoires de Djeha


Les histoires de Djeha (1) d'après Abderramane Lounès

1-Djeha et sa corde

Un jour, un étudiant vint chez Djeha et lui dit:
"As-tu une corde à me prêter ?
-Pour quoi faire ?
-C'est pour mettre à sécher quelques morceaux de viande salée.
-J'en ai bien une, vois-tu, dit Djeha, mais ma femme s'en est servie pour faire sécher son couscous.
L'étudiant resta un moment bouche bée puis s'en alla.
-Est-ce qu'on étend du couscous sur une corde ? fit observer la femme de Djeha.
-Femme stupide, quel autre motif aurais-je pu lui donner pour refuser de lui prêter ma corde ?

2-Djeha et sa montre

Djeha dormait un jour sur la terrasse de sa maison. Un de ses voisins qui voulait lui faire une farce le héla.
"Que me veux-tu ? répondit Djeha.
-Descends, mon cher. J'ai un mot à te dire."
Djeha descendit.
"-Quelle heure est-il ? lui demanda alors le voisin en ricanant.
-Viens avec moi, fit Djeha. Montons à la terrasse, il se trouve que j'ai moi aussi à te parler."
L'autre le suivit sans se méfier et lorsqu'ils furent arrivés, Djeha lui dit, le plus sérieusement du monde :
"-Désolé, mon ami, ma montre s'est arrêtée voilà bientôt huit jours.
-Et il a fallu que tu me fasses faire tout ce chemin pour me le dire ! fit le voisin essoufflé.
-Et toi, répliqua Djeha, n'aurais-tu pas pu me poser la question sans m'obliger à descendre ?"

3-Le loyer

Djeha avait loué une chambre dans une maison et ne payait jamais son loyer. Au bout de quelques mois, il se mit à faire toutes les nuits un tapage assourdissant. Le propriétaire, qui habitait dans la maison, excédé, lui fit un jour le reproche : "Qu'as-tu à faire ainsi un vacarme chaque nuit dans ta chambre?
-Mon fils, répondit Djeha, je dresse des serpents pour les vendre aux Aïssaouas.
-Tu élèves des serpents dans ma maison!s'écria le propriétaire. Dépêche-toi de déguerpir de chez moi! Libère cette pièce aujourd'hui même, je te fais grâce du loyer."
Inutile de préciser que Djeha ne se le fit pas répéter. C'était bien ce qu'il désirait.

4-L'âne de Djeha

Un jour un homme vint chez Djeha et lui demanda de lui prêter son âne. "Ami, répondit Djeha, mon âne n'est pas ici."
Il n'avait pas fini de parler que des braiements se firent entendre.
"-N'est-ce pas lui qui braie ainsi? demanda l'ami.
-Serait-ce que tu croies ce que dit un âne et n'accordes aucun crédit à mes paroles, moi qui suis un vieillard à la barbe blanche?"
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Les histoires de Jeha (2) dans "Le monde merveilleux"

5-Jeha et le charlatan

1. C'est jour de marché. Sur la place, des curieux entourent un vieux charlatan. Jeha se mêle à la foule. Une voix s'élève :
"Voilà Jeha ! Lui seul peut trouver la réponse à cette question difficile.

2. "De quoi s'agit-il ? demande Jeha.
- Le vieux demande de répondre à cette question :
"Combien d'étoiles y a-t-il dans le ciel ?" Personne ne peut y répondre : veux-tu nous en donner la réponse ?
- C'est facile", dit Jeha. Et il s'éloigne du groupe.
Tout le monde le suit des yeux. Où va-t-il ?

3. Jeha se dirige vers son âne, le détache et revient fièrement. Il s'arrête au milieu des curieux et leur dit :
"Dans le ciel, il y a autant d'étoiles que de poils sur mon âne. Si le vieux est en mesure de les compter, alors nous pourrons compter les étoiles."
C'est un grand éclat de rire général.

4. Le vieux charlatan, vexé, ne veut pas s'avouer battu. Il demande à Jeha :
"Puisque tu es si savant, Jeha, peux-tu nous indiquer où se trouve le centre de la terre ?
- Il est là, sous le pied droit de mon âne ..."

6-Le nuage

1. Un jour, Jeha alla vers un champ, une pioche sur l'épaule. Il s'arrêta, regarda au-dessus de lui, puis se mit à creuser. Il fit un grand trou, mais ne sembla pas content. Il regarda au-dessus de lui et, plus loin, creusa un nouveau trou.

2. Il recommença ainsi plusieurs fois et, chaque fois, il changea de place, après avoir regardé en l'air.
Il faisait très chaud et Jeha suait à grosses gouttes.

3. Un homme passa près de lui et lui demanda :
"Jeha, qu'as-tu à creuser tant de trous ? As-tu l'intention de planter des arbres ? Ce n'est pourtant pas la saison ?
- Figure-toi que j'ai enterré de l'argent dans ce champ et je ne puis plus trouver l'endroit.
- Mais n'avais-tu pas pris un point de repère ?
- Évidemment si.
- Et quelle était cette marque ?
- Un nuage qui me donnait de l'ombre pendant que j'enterrais mon argent."
L'homme se mit à rire et s'en alla.

7-La lune tombée dans le puits

1. Une nuit, Jeha prend un seau et une corde et s'en va au puits. Il attache le seau à la corde. Il se penche au-dessus du puits pour faire descendre son seau et puiser de l'eau. Il voit alors l'image de la lune qui se reflète à la surface de l'eau. Il se dit :
"Cette pauvre lune est tombée dans le puits. Elle va sûrement se noyer. Il faut que je la sauve."

2. Jeha détache le seau et déroule la corde dans le puits. Il se dit :
"De cette façon, la lune attrapera la corde et je tirerai pour la remonter."
Mais la corde s'accroche à une grosse pierre au fond du puits.
"La lune tient la corde, pense-t-il. Mais comme elle est lourde, cette lune !"
Il tire, tire le plus fort qu'il peut, appuyant ses pieds sur le rebord du puits en se penchant en arrière. Il tire si fort que, soudain, la corde casse. Jeha perd l'équilibre et tombe à la renverse. Sa tête heurte le sol et il demeure un moment étourdi, les yeux fermés.

3. Quand il ouvre les yeux, que voit-il, au-dessus de lui, dans le ciel ? La lune, qui brille tranquillement ! Jeha se relève. Sa tête lui fait mal, mais il est content :
"Je me suis fatigué, dit-il, mais j'ai fait une bonne action. J'ai tiré du puits et sauvé de la mort cette pauvre lune. Maintenant elle est revenue à sa place."
Il lui fait un petit signe amical et lui dit :
"Une autre fois, fais attention de ne pas tomber dans un puits, car je ne sera peut-être pas là pour te sauver !"

8-Jeha et les oignons

1. Jeha longe le mur d'un jardin potager. Le vent souffle avec violence. Jeha aperçoit un carré de beaux oignons. Il pense qu'il peut bien en rapporter quelques-uns à la maison. Il n' y a personne pour le voir !

2. Il saute le mur en relevant les pans de son burnous. Il se met au travail, arrache, arrache les oignons. Le vent souffle très fort. Jeha s'arrête un instant. Il se redresse et regarde autour de lui. Rien, toujours personne. Il reprend sa tâche et arrache, arrache encore des oignons.

3. Le capuchon est presque plein. Tout à coup, une voix s'élève derrière lui :
"Jeha, c'est toi ? Que fais-tu dans mon jardin ?
- Salut, Si Maâmar, dit Jeha en se relevant. Quel vent aujourd'hui !
- Il ne s'agit pas du vent, Jeha. Je te demande ce que tu fais dans mon jardin. Tu voles mes oignons, je le vois bien !"

4. "Tu voles mes oignons !" dit Si Maâmar.
"Je ne suis pas entré dans ton jardin et je ne vole pas tes oignons", répond Jeha.

5. "Ça, c'est trop fort ! répond Si Maâmar en colère.
- Écoute, je vais t'expliquer comment je me trouve dans ton jardin. J'étais près de ton mur, mais le vent soufflait si fort que je me suis trouvé emporté, soulevé ... et je suis tombé ici.

6. - Bien, Jeha, je veux bien te croire. Mais, qui a arraché les oignons ? Ce n'est pas le vent !
- Non, mais c'est à cause de lui.
Il soufflait si fort que j'ai dû me cramponner aux tiges et les oignons sont venus à moi.

7. - Admettons que tu dises vrai, continue Maâmar, mais alors, qui a mis les oignons dans ton capuchon ?
- Ah ça ! c'est justement ce que je me demandais, quand tu es arrivé.

9-Djeha au mariage

Un riche commerçant se mariait au village et tous les habitants étaient invités à la noce. Quand Djeha se présenta à la demeure du marié, on l'empêcha de rentrer car il portait de vieux vêtements tout rapiécés. Alors, il s'en alla sans faire d'histoires.
Il se rendit chez un de ses amis plus fortuné que lui. Il lui emprunta un beau costume tout neuf et revint à la noce. Cette fois, on l'accueillit chaleureusement et on lui servit une belle assiette de couscous.
Djeha prit une cuillère et se mit à remplir ses poches de couscous. Tous les invités le regardaient avec étonnement.
Alors Djeha leur dit : "Avec mon vieux costume, vous ne vouliez pas de moi, avec un costume neuf vous m'accueillez. Puisque c'est le costume que vous invitez, je donne à manger au costume".




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