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Le monde merveilleux


"Le monde merveilleux" est le titre d'un manuel scolaire des écoles primaires, dans les années 70, en Algérie. Nous vous proposons quelques histoires. Bonne lecture !

1-Comment Si M'hamed monta en bateau ?

1. On venait de faucher les foins. Si M'hamed, le renard, s'était couché ce soir-là dans une meule, au milieu d'une prairie, près d'un oued. Quand il s'éveilla, la rivière avait débordé car il avait beaucoup plu. La meule était tout entourée d'eau.
"Ah! s'écria le renard, que vais-je devenir ?"

2. Un paysan arrivait dans sa barque. Il apreçut Si M'hamed.
"Quel bonheur ! dit-il. Tâchons de l'attraper.
Je ferai de sa peau une superbe fourrure."
Le paysan approche sa barque de la meule.

3. D'abord, il tend les bras : mais le renard lui échappe. Ensuite, il saisit un bâton et frappe Si M'hamed de toutes ses forces. Mais le renard vient, fait demi-tour : et il échappe aux coups.

4. Alors, le paysan ôte ses souliers, saute de la barque et passe sur la meule. Mais, au moment où il pose le pied sur le foin, Si M'hamed met le sien dans le bateau. Il s'empare des rames et pousse au large.
Il s'arrête bien à l'aise, face au paysan furieux :
"Allons ! crie-t-il, oublie ma belle peau et tâche de sauver la tienne."
Cela dit, il rame jusqu'au rivage, saute à terre et s'en retourne à la maison.

2-Le chacal et le fellah

1. Un chacal affamé sort un jour de la forêt. Il voit un fellah sur le bord de la route. Ce fellah mange du pain.

2. "Que manges-tu ? demande le chacal.
- Tu le vois bien, je mange du pain.
- C'est bon ? Donne-m'en un morceau.
Je n'en ai jamais goût."
Le fellah coupe un croûton et le tend au chacal.

3. Le chacal avale le pain puis se lèche les babines.
"C'est bon, dit-il, c'est vraiment bon. Vous en mangez souvent, vous, les hommes ?
- Tous les jours et même plusieurs fois par jour.
- Je voudrais bien, moi aussi, en manger tous les jours.
- Eh bien, sème du blé et tu mangeras du pain ?"

4. "C'est vrai, dit le chacal. Sois gentil, apprends-moi à semer.
- Ce n'est pas difficile. Avant tout, il faut labourer la terre.
- Et j'aurai du pain ?
- Eh là ! Pas tout de suite. Après avoir labouré, il faut herser, puis semer.

5. - Et j'aurai du pain ?
- Mais non, pas encore, attends. Tu sèmes ton blé en automne, il passe l'hiver dans la terre. Au printemps, il germe.
- Et aurai-je du pain ?

6. - Non, tu n'auras pas encore du pain. Il faut attendre l'été. Le blé alors mûrit, tu le coupes et tu attaches les épis en gerbes.
- Mais cette fois, j'aurai du pain !
- Attends, tu es bien pressé !
Il faut transporter le blé sur l'aire à battre."

7. "Il faut transporter le blé sur l'aire à battre, dit le fellah.
- Et ce n'est pas fini ?
- Pas encore. Il faut battre le blé pour avoir les grains de blé, répond le fellah.

8. - Mais cette fois, j'aurai du pain ?
- Non ! Il faut maintenant porter les grains au moulin. Le moulin moud le blé en farine.

9. - Et j'aurai ... ?
- Patience ! Il faut préparer la pâte, la pétrir, ajouter du levain et la mettre au four.
- Et j'aurai du pain ?

10. - Oui, enfin tu auras du pain.
- Oh ! Mais c'est du travail. Ça ne m'intéresse pas.
- Alors reste dans les bois. Chez les hommes, il faut travailler pour manger."

3-Le charbonnier et le lion

1. Monté sur son âne, un charbonnier rentre de la ville. Il est content : il vient de vendre tout son charbon. Il traverse la forêt. Et tout à coup, que voit-il ? Un lion, un vrai lion ! Il pend à un gros arbre. Il est accroché par une patte de derrière dans la fente d'une branche. Le roi des animaux se plaint, il souffre beaucoup.

2. Le charbonnier a bien peur. Pourtant, il s'approche du lion qui lui dit :
"Retire-moi d'ici, brave charbonnier, je me suis laissé prendre à ce piège. Sauve-moi, je t'en prie !
- Si je te sors de là, tu me mangeras.
- Parole de lion, si tu me sauves, je te promets de ne manger ni toi, ni ton âne.
- C'est bon, dit le charbonnier." Et il saute à terre.

3. Le charbonnier grimpe le long du tronc. Il tire sur les branches, tire encore ... Et voilà que le lion est libre ! Le roi des animaux bondit sur la route. Il boîte un peu.

4. Le roi des animaux boîte un peu.
"Merci, charbonnier. Tu permets que je t'accompagne ?
- Si tu veux, lion. Mais n'oublie pas ce que tu m'as promis.
- Ne crains rien. Tu as la parole du roi des animaux."

5. Et les voilà partis : le charbonnier sur son âne, le lion à côté. Le temps passe. Le lion a très faim. Il n'oublie pas ce qu'il a promis. Mais il regarde l'homme et l'âne. Le charbonnier a peur. Il dit au lion :
"Roi des animaux, pense à ce que tu as dit.
- Je n'oublie rien, mais je suis affamé. Que dois-je faire ?

6. - Lion, dit le charbonnier, tu as donné ta parole de roi des animaux.
- Eh oui, je le sais bien ! Mais, quand je t'ai donné ma parole, je n'avais pas faim. Et puis, tu verras, je te mangerai si doucment que tu ne sentiras rien.

7. - Oh ! je ne veux pas être mangé, moi, même doucement !
- C'est que j'ai faim !
- Je viens de te sauver et tu veux me manger ! Ne veux-tu pas prendre mon âne au moins ?

8. - Oh ! dit l'âne, je suis dur comme du cuir : ce n'est pas de la bonne viande pour le roi des animaux !
- C'est juste, dit le lion. L'âne va nous servir d'arbitre. Il dira qui de nous deux a raison.
- Entendu, dit le charbonnier."

9. L'âne répond : "Je ne veux pas être votre arbitre. Le charbonnier est mon maître : il m'a toujours bien soigné. Toi, tu es le roi des animaux, et tu sais beaucoup de choses. J'ai peur de ne pas être juste. Je préfère ne pas m'occuper de cette affaire. Arrangez-vous comme vous voulez.
- Comment faire ? dit le charbonnier.
- J'ai tellement faim que je ne peux pas marcher", dit le lion.
Soudain, les trois voyageurs aperçoivent une vielle chienne. Elle passe en traînant la patte.

10. "Voyant cette chienne, dit le charbonnier. Elle saura peut-être nous mettre d'accord.
- Bien, dit le lion. Mais hâte-toi, je ne peux plus attendre longtemps ! "
Le charbonnier dit : "Chienne, écoute ce qui s'est passé. Tu seras notre juge : le lion était suspendu à un arbre, je l'ai sauvé, et, maintenant, il veut me manger. Est-ce que c'est juste ?"

11. La chienne est embarrassée. Le charbonnier a raison, mais elle a peur du lion. Elle ne voudrait pas le mettre en colère.
Le charbonnier dit encore :
"Et puis, tu sais, chienne, le lion a juré de ne pas me manger. Le roi des animaux va manquer à sa parole.

12. - Écoutez, dit la chienne, je ne suis pas un juge. J'ai peur de me tromper. Je vais peut-être donner tort à celui qui a raison. Ou alors je vais donner raison à celui qui a tort. Cherchez ailleurs un autre arbitre. Et puis je suis pressée, on m'attend. Au revoir !"

13. La chienne s'en va. Heureusement, le renard passe par là. Le charbonnier l'appelle. Le lion dit :
"D'accord pour le renard. Mais c'est le dernier. Je perds patience et j'ai de plus en plus faim.
- Renard, dit le charbonnier, voici ce qui s'est passé : le lion allait mourir, il était suspendu à un arbre, je l'ai sauvé. Il veut me dévorer. Est-ce que c'est juste ?
- Ah ! dit le renard, je comprends, mais, pour bien juger, je dois tout savoir. Le lion était pendu à quel arbre ?"
Tout le monde retourne en arrière.

14. "Voici, dit le lion, le gros arbre où j'étais pris au piège.
- Ah ! ça, vous étiez là-haut ? Montrez-moi comment ?"
Le lion saute sur l'arbre. Il met sa patte dans la fente de la branche. Le voilà pendu à nouveau !

14. Le renard dit : "J'ai compris à présent. Te voilà pris. Reste où tu es.
- Ne me laissez pas ici, ne me laissez pas ici, je vous en prie.
- Tant pis pour toi ! Tu étais libre tout à l'heure.
- Ah ! oui, et je regrette bien d'être revenu ici !

15. - Cest ta faute. Le charbonnier t'a sauvé la première fois, n'est-ce pas ?
- Oui, oui, sauvez-moi maintenant.
- Tu lui as promis de ne pas le manger. Tu lui as donné ta parole ?
- Oui, mais je n'avais pas faim à ce moment-là !

16. - Je le sais bien ! Mais tu as promis. Il ne faut jamais oublier ce qu'on a promis. Il faut tenir parole. Tu n'as pas pensé à cela, lion ! Tâche de t'en souvenir la prochaine fois !"
Le charbonnier et le renard s'éloignent rapidement. Ils laissent le lion rugir de colère.

4-L'honnêté récompensée

1. Driss était un homme pauvre. Chaque matin, de bonne heure, il se randait à son travail. Un jour, sur sa route, il trouva un portefeuille contenant mille dinars.

2. Tout joyeux, il revint sur ses pas et porta le portefeuille à sa femme :
"Regarde ce que je viens de trouver !
- Oh ! mille dinars ! C'est une grosse somme ! Mais nous ne pouvons pas garder cet argent. Retourne, il faut absolument te renseigner et retrouver le propriétaire."

3. Driss sortit. En traversant la place, il entendit le crieur public qui demandait :
"Qui a trouvé un portefeuille contenant mille dinars ?
- C'est moi ! dit Driss bien fort.
- Alors il t'appartient, avec neuf mille dinars que voici.
- Ce n'est pas possible ! Tu te moques de moi !
- Non, un homme m'a remis dix mille dinars en disant :
"Mets mille dinars dans un portefeuille que tu jetteras dans la rue. Puis demande qui l'a trouvé. Si celui qui l'a ramassé vient te voir, donne-lui le reste. Car tu auras devant toi un homme honnête et l'homme honnête doit être récompensé."

5-Le cavalier et son cheval

1. Il y avait autrefois, dans la tribu de Damgas, un homme qui possédait un excellent cheval. Cet homme dépassait tous les autres cavaliers à la course. Mais il ne s'occupait jamais de sa bête. Il la soignait peu. Jamais il ne lui donnait une bonne ration d'orge ou ne la baignait.

2. Or, un jour, la guerre éclata. Notre cavalier partit un matin avec les guerriers de son village contre une tribu ennemie. Les combattants se rencontrèrent, le choc fut terrible. Les hommes des Damgas étaient d'excellents soldats, mais ils étaient les plus faibles. Aussi, malgré leur courage, après le choc, ils prirent la fuite.

3. Notre cavalier essaya de se sauver comme les autres. Le voilà pressant son cheval avec ardeur, mais la bête ne courait guère vite. Bientôt, il fut entouré par les ennemis qui le poursuivaient. On le jeta par terre, on le fit prisonnier et on le vendit à un chef de guerre.

4. Or, par un hasard très grand, voilà que celui qui l'avait acheté avait également acheté son cheval. La bête était si belle qu'il tint à le garder avec lui. Et ce maître chargea notre homme de soigner le cheval.

5. Le maître était très dur pour les prisonniers. Mais il était plein d'attention pour ses bêtes. Il ordonna qu'on s'occupe particulièrement de son nouveau cheval. Notre homme fut obligé de faire comme domestique ce qu'il avait négligé de faire quand il était libre.

6. Il se mit à entourer le cheval de beaucoup de soin. Il chassait la poussière de son grain avant de le mettre dans la mangeoire. Il choisissait convenablement le fourrage. Chaque jour, il le baignait, le faisait boire avec exactitude.

7. Le cheval était si bon, qu'il se mit à aimer son ancien maître.
Un jour, pendant que celui-ci lui tendait à manger, il lui dit :
" Veux-tu être libre ?
- Oui, répondit le prisonnier, fort étonné. Mais comment le deviendrai-je ?
- Monte sur mon dos et ne crains rien, dit le cheval : tu verras."

8. Ce qui est dit est fait ; le cheval part au triple galop et, quoique poursuivi par un groupe de cavaliers, il franchit la frontière. Son maître est libre !
"Comment te remercier ? dit-il au cheval.
- Que ceci te serve de leçon ! Si tu m'avais bien soigné quand tu étais libre, jamais tu n'aurais été prisonnier. Et si tu m'avais mal soigné quand tu étais prisonnier, jamais tu n'aurais été libre !"




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